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Toiture et chaleur · 6 min

Habitat traditionnel à Mayotte : de la case en chaume à la tôle, ce que l’on sait de la chaleur

Case en chaume, banga, tôle, brique de terre : ce que les sources établissent sur l’habitat mahorais et la chaleur, et ce qu’elles ne mesurent pas.

Publié le 05/11/2026 · Vérifié le 05/11/2026 · Rédaction DOM ISO

L’habitat mahorais a basculé du chaume de cocotier à la tôle à partir des années 1980 : début 2024, 35 % des constructions sont en tôle et 1 % en bois, végétal ou terre, selon l’INSEE. Les sources décrivent bien ces matériaux. Aucune mesure publiée de température intérieure comparant ces toitures n’a été trouvée pour cet article.

De quoi était faite la case traditionnelle ?

La publication « Une architecture mahoraise » du ministère de la Culture, parue en 2016, décrit une construction à partir de ressources de l’île.

ÉlémentMatériaux décrits
CouvertureChaume de cocotier sur lattes de bambou, ou feuilles de cocotier tressées
MursTorchis de terre et fibres sur lattes de bambou ou de raphia, tiges de raphia, ou tressage de feuilles de cocotier
StructureCharpente en poteaux de bois
SolSoubassement en pierres et plancher de bois rare, ou case implantée à même le sol

Le document de l’université de Mayotte sur l’habitat traditionnel ajoute l’organisation de la parcelle : une enceinte tressée, le mraba, une case souvent à deux pièces, et un espace extérieur, le shanza, qui privilégie la vie dehors. Il précise que cette organisation se fait de plus en plus rare. Le banga, lui, désigne d’abord la petite case que les jeunes hommes construisent en quittant le foyer familial.

Ces textes parlent de construction et de vie sociale. Ils n’évaluent pas le confort thermique et n’autorisent pas à affirmer qu’une case en chaume restait fraîche.

Pourquoi la tôle a-t-elle remplacé le chaume ?

Le motif documenté tient à l’entretien. Le ministère de la Culture indique que ces modes constructifs, et notamment les toitures en chaume, demandent un entretien fréquent, tous les quatre à cinq ans. La tôle, employée à partir des années 1980, est décrite comme plus étanche et moins exigeante.

Vient ensuite la case Sim, du nom de la Société immobilière de Mayotte. Elle associe maçonnerie en brique de terre compressée, charpente en bois et tôle de couverture. Dix-sept briqueteries sont créées. La même source relève que plusieurs générations de ces cases prennent progressivement en compte les problématiques climatiques, sans chiffrer le résultat. Elle constate aussi l’usage aujourd’hui quasi exclusif du parpaing de béton et de la tôle.

Que pèse encore cet habitat aujourd’hui ?

L’enquête Logement de l’INSEE donne l’image la plus récente, avant le cyclone Chido.

Aspect du bâti1997Début 2024
Bois, végétal ou terre21 %1 %
Tôlen.d.35 %
Durn.d.64 %

La mention n.d. indique que la valeur n’a pas été relevée précisément dans le texte de la note, qui présente la série sous forme de graphique. L’INSEE précise que la part de l’habitat fragile est restée quasi identique depuis 1997, à 36 % début 2024, mais qu’il s’est transformé : le végétal et la terre ont presque disparu au profit de la tôle.

Le logement en tôle est aussi celui des ménages les plus en difficulté : 56 % de ces logements ont une ou deux pièces, et 47 % ne sont pas raccordés au réseau électrique. Parler de chaleur sous la tôle sans cette réalité serait trompeur. Sans raccordement, ventilateur et climatiseur sont hors de portée pour près d’une maison en tôle sur deux.

Que sait-on de la chaleur sous la toiture ?

Le guide officiel « Rénover son logement à Mayotte », édité en 2016, reste le texte le plus concret trouvé. Il explique que le toit, exposé au soleil, atteint des températures très élevées et que cette chaleur se diffuse dans le logement, dont elle augmente la température de plusieurs degrés. Il propose quatre leviers :

  • la couleur : blanc, ivoire, beige, jaune, vert ou terre de dune, les teintes claires limitant la surchauffe de plusieurs degrés ;
  • la sur-toiture ventilée : au moins 5 % de la surface de la maison ouverte en toiture sur l’extérieur, pour évacuer la chaleur ;
  • la tôle isolée, présentée comme préférable pour réduire les surchauffes ;
  • l’isolation du toit, selon sa forme, en pente, plate ou avec combles.

Ce guide donne des ordres de grandeur généraux et non des mesures par type de case. Il date d’avant le cyclone Chido de décembre 2024 et doit se lire avec les contraintes de tenue au vent. L’Autorité environnementale note d’ailleurs, à propos du photovoltaïque, que les installations sur toitures ont montré peu de résilience à Chido, contrairement aux parcs au sol. Ce constat ne porte pas sur les couvertures elles-mêmes, mais il rappelle que tout ajout en toiture se discute avec le risque cyclonique. Voir que vérifier sur une toiture exposée aux cyclones et le guide bâtiment et risque cyclonique.

Quelles fiches CEE à Mayotte ?

Les CEE sont un dispositif privé financé par les fournisseurs d’énergie, les obligés. Ils ne constituent pas une aide publique. Ils ne se confondent pas avec les offres HODARI d’Électricité de Mayotte, présentées ici.

FichePoint clé à MayotteCalendrier
BAR-EN-109, toiture réduisant les apports solairesFacteur solaire ≤ 0,02, seuil plus strict qu’ailleurs ; bâtiment existant depuis plus de 2 ans ; peintures réfléchissantes sur toiture en place excluesPas de date de fin dans le texte en vigueur
BAR-EN-106, isolation de toitureR ≥ 1,5 m².K/W, visite préalable, pose par un professionnelAbrogée à compter du 1er mai 2027

Le guide de 2016 évoque des peintures réfléchissantes pouvant renvoyer plus de 80 % des rayons reçus. BAR-EN-109 ne les admet pas sur une toiture en place : deux textes, deux usages à ne pas confondre. Notre article sur BAR-EN-109 détaille la méthode, et la page isolation de toiture le cadre général. Ces critères techniques demandent un justificatif : une maison en tôle n’est pas éligible du seul fait d’être chaude.

Le fichier INSEE des taux communaux ne couvre pas Mayotte, comme le rappelle notre article sur l’énergie à Mayotte. On ne peut donc pas identifier les communes où l’habitat en tôle pèse le plus à partir de cette source. La page Mayotte et la vérification d’éligibilité permettent d’aborder un cas précis.

Sources

Questions fréquentes

Une case en terre est-elle plus fraîche qu’une maison en parpaing ?

Les sources consultées ne le mesurent pas à Mayotte, et aucune valeur d’un autre territoire ne remplace une mesure sur une case mahoraise.

La brique de terre compressée est-elle éligible aux CEE ?

Aucune des fiches citées ici ne porte sur le matériau des murs en brique de terre. BAR-EN-107, pour le doublage isolant des murs, est abrogée à compter du 1er mai 2027 et impose ses propres critères.

Peindre sa tôle en blanc peut-il suffire ?

Le guide de 2016 indique que les teintes claires limitent la surchauffe de plusieurs degrés. Cela ne vaut pas opération CEE : BAR-EN-109 exclut les peintures réfléchissantes appliquées sur une toiture en place.

Pourquoi aucune température n’est-elle citée ?

Parce qu’aucune mesure comparable n’a été trouvée pour les toitures mahoraises. Plutôt que de transposer un chiffre d’un autre territoire, cet article signale ce manque.