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Chiffres et études · 6 min

Climatisation outre-mer : ce que montrent les chiffres de l’INSEE entre 2012 et 2023

Taux de logements climatisés par département de 2012 à 2023 et écarts entre communes, d’après l’INSEE. Mayotte n’est pas couverte par ces données.

Publié le 04/11/2026 · Vérifié le 04/11/2026 · Rédaction DOM ISO

Entre 2012 et 2023, la part de résidences principales climatisées progresse dans les quatre départements couverts : de 41,0 % à 55,2 % en Guadeloupe, de 21,6 % à 29,9 % à La Réunion. Les écarts entre communes restent bien plus larges. Mayotte n’est pas couverte par ces données.

D’où viennent ces chiffres ?

Les données proviennent du fichier « Logement en 2023 » de l’INSEE, qui diffuse aussi les millésimes 2012 et 2017 dans la géographie en vigueur au 1er janvier 2026. Elles sont reprises dans le baromètre DOM ISO. Le taux indique la part des résidences principales avec climatisation. Dans ses notes de janvier 2026, l’INSEE formule la même idée ainsi : au moins une pièce climatisée.

Mayotte reste en dehors du calcul, car le fichier de l’INSEE exclut ce département. Aucune estimation n’est donc proposée ici pour ses communes, et la page Mayotte du baromètre ne peut servir de comparaison sur ce point.

Pour les classements, seules les communes d’au moins 1 000 résidences principales en 2023 sont retenues : 92 sur les 112 couvertes. Dans une très petite commune, quelques logements suffisent à déplacer fortement un pourcentage.

Comment le taux a-t-il évolué par département ?

Département201220172023Évolution 2012-2023
Guadeloupe41,0 %48,1 %55,2 %+14,2 points
Guyane35,3 %38,5 %44,3 %+9,0 points
Martinique22,5 %27,3 %33,8 %+11,3 points
La Réunion21,6 %26,0 %29,9 %+8,3 points

La hiérarchie ne change pas sur la période : la Guadeloupe reste en tête, la Guyane deuxième, la Martinique devant La Réunion. Les rythmes diffèrent toutefois. La Guadeloupe gagne 7,1 points de 2012 à 2017, puis 7,1 points de 2017 à 2023, sur une période plus longue d’un an. La Réunion passe de 4,4 à 3,9 points. La Martinique et la Guyane accélèrent, de 4,8 à 6,5 points pour la première et de 3,2 à 5,8 points pour la seconde.

Les notes INSEE Flash de janvier 2026 donnent un ordre de grandeur très proche pour 2022 : 54 % en Guadeloupe, 32 % en Martinique et 43 % en Guyane. Pour La Réunion, la note consacrée à l’eau chaude annonce trois logements sur dix équipés. Les deux sources concordent.

Quelles communes ont les taux les plus élevés ?

RangCommuneDépartementRésidences principales 2023Taux 2023
1Saint-FrançoisGuadeloupe6 31374,0 %
2Remire-MontjolyGuyane10 47373,6 %
3Baie-MahaultGuadeloupe13 61971,9 %
4Petit-BourgGuadeloupe11 00969,1 %
5Le GosierGuadeloupe13 32868,2 %
6Les Trois-ÎletsMartinique3 12263,1 %
7LamentinGuadeloupe8 03662,1 %
8GoyaveGuadeloupe3 36759,6 %
9Port-LouisGuadeloupe2 66059,4 %
10Sainte-AnneGuadeloupe11 52659,3 %

La Guadeloupe occupe huit places sur dix. Aucune commune réunionnaise n’y figure : la plus équipée, L’Étang-Salé, atteint 46,6 %.

Quelles communes ont les taux les plus bas ?

RangCommuneDépartementRésidences principales 2023Taux 2023
1CilaosLa Réunion2 0921,9 %
2Le Morne-RougeMartinique2 0854,7 %
3SalazieLa Réunion2 6944,8 %
4La Plaine-des-PalmistesLa Réunion2 6165,3 %
5ApatouGuyane1 7597,4 %
6Les Trois-BassinsLa Réunion2 8558,5 %
7Le TamponLa Réunion34 55710,2 %
8Grand-SantiGuyane1 62710,5 %
9Basse-PointeMartinique1 38711,2 %
10Rivière-PiloteMartinique5 44811,5 %

Le Tampon se distingue par sa taille : avec 34 557 résidences principales, ce taux ne peut être attribué à un effet de petit nombre.

Quel est l’écart à l’intérieur de chaque département ?

DépartementCommunes classéesTaux le plus hautTaux le plus basÉcart
Guadeloupe28Saint-François, 74,0 %Capesterre-de-Marie-Galante, 28,8 %45,2 points
Martinique27Les Trois-Îlets, 63,1 %Le Morne-Rouge, 4,7 %58,4 points
Guyane13Remire-Montjoly, 73,6 %Apatou, 7,4 %66,2 points
La Réunion24L’Étang-Salé, 46,6 %Cilaos, 1,9 %44,7 points

Ces écarts dépassent de loin ceux qui séparent les départements, dont les moyennes vont de 29,9 % à 55,2 %. Une moyenne départementale décrit donc assez mal une commune donnée.

L’INSEE avance plusieurs pistes. En Martinique, il associe le taux plus faible du Cap Nord au relief et à des températures en moyenne plus basses. En Guyane, il cite les conditions climatiques, le relief, la faible urbanisation et un habitat traditionnel favorisant la ventilation naturelle. En Guadeloupe et en Martinique, il relève aussi que les propriétaires sont bien plus souvent équipés que les locataires du parc social. Ces facteurs peuvent se combiner, et les chiffres communaux ne permettent pas de mesurer le poids de chacun.

Les évolutions demandent la même prudence. De 2012 à 2023, les plus fortes hausses parmi les communes classées concernent Anse-Bertrand (de 32,5 % à 58,4 %), Maripasoula (de 2,5 % à 24,6 %) et Ducos (de 29,7 % à 51,6 %). À Maripasoula, le nombre de résidences principales recule entre 2017 et 2023, de 1 898 à 1 391 : le parc recensé change en même temps que le taux. À l’inverse, Cilaos ne passe que de 1,0 % à 1,9 %.

Que peut-on conclure, et que ne peut-on pas conclure ?

Un taux d’équipement mesure une présence dans le logement. Il ne dit rien du nombre d’appareils, de leur âge, de leur performance, ni de leur durée d’utilisation. Il ne prouve ni un besoin ni un niveau de consommation. Un taux bas peut correspondre à un climat plus frais, à des revenus plus faibles, à un habitat mieux ventilé ou à un besoin non couvert : ces données ne permettent pas de trancher.

Le taux n’ouvre pas non plus de droit à un financement. Pour un logement, la fiche CEE BAR-TH-141 concerne uniquement un appartement, le remplacement d’un climatiseur existant et une puissance de 2,64 kW au plus. Le premier équipement et la maison individuelle en sont exclus. Le guide sur le dimensionnement et la page climatisation précisent ces points, et le formulaire de vérification d’éligibilité permet d’examiner un cas précis.

Sources

Questions fréquentes

Pourquoi Mayotte n’apparaît-elle pas ?

Le fichier communal de l’INSEE utilisé ici porte sur la France hors Mayotte. Aucune donnée comparable n’y figure pour les communes mahoraises, et cet article n’extrapole pas à partir des autres territoires.

Pourquoi exclure les communes de moins de 1 000 résidences principales ?

Sur un petit nombre de logements, une faible variation change fortement le pourcentage. Leur classement serait trompeur. Vingt communes couvertes sont dans ce cas, et leurs données restent consultables dans le baromètre.

Un taux de 74 % signifie-t-il que 74 % des logements sont entièrement climatisés ?

Non. Les notes de l’INSEE parlent de résidences disposant d’au moins une pièce climatisée. Le reste du logement peut ne pas l’être.

Peut-on comparer 2017-2023 et 2012-2017 ?

Avec précaution : la première période dure six ans et la seconde cinq. Les points gagnés ne représentent donc pas le même rythme annuel.