Prime CEE possible selon éligibilité, reste à charge précisé sur le devis · +594 694 35 78 08
Climatisation · 6 min

Entretien d’une climatisation : ce qui est obligatoire, selon la puissance et le fluide

Entretien tous les deux ans dès 4 kW, inspection au-delà de 70 kW, fluide manipulé par un opérateur attesté : les obligations réelles d’une climatisation.

Publié le 05/11/2026 · Vérifié le 05/11/2026 · Rédaction DOM ISO

Trois règles se superposent : un entretien au moins tous les deux ans pour un système de 4 à 70 kW, une inspection au moins tous les cinq ans au-delà de 70 kW, et un contrôle d’étanchéité selon la charge de fluide. Toute manipulation du fluide revient à un opérateur disposant d’une attestation de capacité.

Quelles obligations selon votre installation ?

SituationObligationTexte
Tout appareil, si le fluide est manipuléOpérateur titulaire d’une attestation de capacité, fiche d’interventionCode de l’environnement, R. 543-99 et R. 543-82
Système thermodynamique de 4 à 70 kWEntretien au moins tous les deux ans, attestation remiseCode de l’environnement, R. 224-44 et suivants
Système thermodynamique de plus de 70 kWInspection au moins tous les cinq ans, rapport et livretCode de l’environnement, R. 224-45 et suivants
Charge de HFC supérieure à 5 tonnes équivalent CO2Contrôle d’étanchéité à la mise en service, puis périodiqueCode de l’environnement, R. 543-79, et arrêté du 29 février 2016

Un climatiseur peut relever de plusieurs lignes à la fois. Le système thermodynamique désigne ici un équipement qui transfère de la chaleur par un cycle frigorifique, comme une pompe à chaleur ou un climatiseur. L’arrêté du 24 juillet 2020 parle d’un « générateur de chaleur ou de froid » et de l’« installation de chauffage ou de climatisation ». Les pages consultées ne prévoient pas de régime distinct pour l’outre-mer. Si votre situation sort du cadre général, faites-la confirmer par la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) de votre territoire.

Que recouvre l’entretien de 4 à 70 kW ?

L’article R. 224-44 vise les systèmes dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW. Les systèmes destinés uniquement à l’eau chaude d’un seul logement n’y entrent pas. La période entre deux entretiens ne peut pas excéder deux ans.

Pour un système individuel, l’entretien revient à l’occupant, sauf stipulation contraire du bail. Pour un système collectif, il revient au propriétaire ou au syndicat de copropriété. Une attestation est établie dans les quinze jours suivant la visite.

L’arrêté du 24 juillet 2020 fixe le contenu minimal, notamment :

  • le relevé des températures des unités intérieure et extérieure ;
  • la mesure des tensions électriques ;
  • pour un système aérothermique, la vérification de l’échangeur de l’unité extérieure et le nettoyage de l’unité intérieure et du filtre ;
  • la remise de conseils sur le bon usage, le fluide, la régulation et le remplacement éventuel.

Ces conseils restent indicatifs. L’arrêté précise qu’aucun investissement proposé par la personne ayant fait l’entretien n’a un caractère obligatoire.

Un petit split d’appartement de 2,64 kW, le plafond de la fiche BAR-TH-141, reste sous le seuil de 4 kW si sa puissance nominale ne dépasse pas cette valeur. Cette obligation ne le vise donc pas. L’ADEME recommande malgré tout une maintenance, essentielle selon elle pour préserver les performances et limiter les pannes.

Une inspection est-elle due dès 12 kW ?

Plus depuis 2020. Beaucoup de documents citent encore un seuil de 12 kW, hérité d’une sous-section du code de l’environnement. Le ministère indique que ces articles ont été abrogés par le décret du 28 juillet 2020, et remplacés pour l’inspection par un seuil de 70 kW. Une partie de la page ministérielle renvoie encore à d’anciens articles pour la compétence des inspecteurs : vérifiez ce point auprès d’un organisme certifié.

Au-delà de 70 kW, l’inspection a lieu au moins une fois tous les cinq ans, à l’initiative du propriétaire ou du syndicat de copropriété. Elle comprend :

  • l’examen du livret de chauffage, ventilation et climatisation (livret CVC) ;
  • une évaluation du rendement, sauf si un suivi mensuel répond aux conditions fixées ;
  • une évaluation du dimensionnement ;
  • des recommandations sur l’usage, les améliorations et les autres solutions.

Le rapport est remis dans le mois suivant la visite, et conservé au moins dix ans. L’inspecteur doit être indépendant de l’installateur et de l’entreprise de maintenance.

Une installation de cette taille alimente souvent un bâtiment tertiaire. L’évaluation du dimensionnement peut être utile à un exploitant qui envisage une gestion technique du bâtiment ou un programmateur d’intermittence.

Que change le fluide frigorigène ?

Le fluide frigorigène est le gaz qui circule dans le circuit. L’ADEME rappelle que ces fluides sont de puissants gaz à effet de serre, ce qui explique l’encadrement de leur manipulation.

Qui peut intervenir. L’article R. 543-99 impose une attestation de capacité aux opérateurs, délivrée pour cinq ans au plus. Elle précise les types d’équipements et d’activités autorisés. Demandez-la avant toute intervention sur le circuit. L’ADEME est claire pour le particulier : ne démontez jamais vous-même une installation, sous peine de libérer la totalité du fluide.

Quelle trace. L’article R. 543-82 impose une fiche d’intervention pour chaque opération sur le fluide. Une présentation de la DREAL Occitanie détaille le formulaire Cerfa utilisé.

Quel contrôle. L’article R. 543-79 vise les équipements dont la charge en HFC ou PFC est supérieure à 5 tonnes équivalent CO2, et ceux dont la charge en HCFC dépasse 2 kg. L’arrêté du 29 février 2016 fixe la périodicité :

Charge en HFC ou PFCSans détection permanente de fuiteAvec détection permanente
5 à moins de 50 t éq. CO212 mois24 mois
50 à moins de 500 t éq. CO26 mois12 mois

Pour le R-32, un fluide HFC, la DREAL Occitanie indique que 1 kg correspond à 0,675 tonne équivalent CO2. Le seuil de 5 tonnes représente donc environ 7,4 kg de ce fluide. Pour un autre fluide, le professionnel fait le calcul à partir de la plaque signalétique.

Une précision s’impose. La page de l’ADEME sur le choix d’une climatisation évoque encore un contrôle annuel au-delà de 2 kg de fluide. Dans le texte en vigueur depuis le 1er janvier 2025, ce seuil de 2 kg s’applique aux HCFC, et les HFC relèvent du seuil en équivalent CO2. Nous suivons donc l’article R. 543-79.

Que conseiller d’autre en climat tropical ?

Les gestes suivants viennent de l’ADEME. Ils relèvent du conseil, et non de l’obligation :

  • changer ou nettoyer les filtres des appareils individuels tous les six mois ;
  • dépoussiérer et nettoyer régulièrement les bouches d’air ;
  • vérifier qu’aucun obstacle ne gêne l’air autour de l’unité extérieure ;
  • faire nettoyer tous les trois ans les gaines d’air, le cas échéant.

Sur le littoral, l’exposition au sel justifie une attention supplémentaire, détaillée dans notre article sur le groupe extérieur et l’air salin. Nous ne connaissons pas de texte fixant une fréquence spécifique pour les territoires d’outre-mer. Suivez la notice du fabricant et les recommandations du professionnel.

Pour les groupes de froid, l’Agence Qualité Construction observe, dans ses retours d’expérience à La Réunion, des installations sans contrat de maintenance ou dont le contrat n’est pas suivi. Elle cite des surconsommations, des fuites de fluide et des risques sanitaires. Elle recommande un carnet de suivi, les gammes du constructeur et une personne référente.

L’entretien relève-t-il des CEE ?

BAR-TH-141 et BAT-TH-115 portent sur le remplacement d’un climatiseur, pas sur son entretien. Les certificats d’économies d’énergie sont un dispositif privé financé par les fournisseurs d’énergie, et non une aide publique. Si vous remplacez un appareil, la dépose doit figurer sur la preuve de réalisation. Vous pouvez consulter la page climatisation des logements, celle des locaux professionnels, puis vérifier l’éligibilité de votre projet.

Sources

Questions fréquentes

Puis-je nettoyer les filtres moi-même ?

Oui, l’ADEME le conseille pour les appareils individuels, tous les six mois. Tout ce qui touche au circuit de fluide revient à un opérateur attesté.

Qui paie l’entretien dans un logement loué ?

Pour un système individuel de 4 à 70 kW, l’entretien est à l’initiative de l’occupant, sauf stipulation contraire du bail. Vérifiez votre contrat de location.

Mon climatiseur de 3,5 kW est-il soumis à l’entretien tous les deux ans ?

Le seuil porte sur la puissance nominale, à partir de 4 kW. Relevez la valeur sur la plaque ou la fiche technique, et faites confirmer le classement par le professionnel si elle est proche du seuil.

Comment trouver un opérateur attesté ?

Demandez sa copie d’attestation de capacité, qui précise les équipements couverts. L’ADEME publie aussi une liste d’opérateurs attestés dans ses données ouvertes.