Chauffe-eau solaire collectif en copropriété : comprendre la fiche BAR-TH-135
BAR-TH-135 encadre le solaire collectif en immeuble outre-mer : étude obligatoire, couverture solaire, qualification et vote en copropriété.
Publié le 04/11/2026 · Vérifié le 04/11/2026 · Rédaction DOM ISO
La fiche BAR-TH-135 couvre le chauffe-eau solaire collectif des immeubles résidentiels d’outre-mer. Elle impose une étude de dimensionnement, un taux de couverture solaire supérieur à 50 %, un matériel certifié pour ces territoires et un installateur qualifié. En copropriété, l’installation sur le toit se décide en assemblée générale.
Quels immeubles sont concernés ?
Le secteur d’application tient en une phrase : bâtiment résidentiel collectif existant, ou projets de construction de bâtiments résidentiels collectifs neufs et de parties nouvelles de bâtiments existants, en France d’outre-mer. La fiche vaut donc en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, pour un syndicat de copropriétaires comme pour un bailleur social ou un promoteur.
Elle vise deux architectures, et le choix pèse sur le calcul :
- Le chauffe-eau solaire collectif à appoint centralisé (CESC) : le stockage solaire et l’appoint sont communs à l’immeuble.
- Le chauffe-eau solaire collectif à appoint individualisé (CESCI) : le solaire est collectif et chaque logement dispose de son ballon d’appoint.
Les certificats d’économies d’énergie (CEE) sont financés par les fournisseurs d’énergie, appelés obligés, dans le cadre d’une obligation réglementaire. Ce dispositif privé n’est pas une aide publique, et le guide sur les CEE en outre-mer en détaille le fonctionnement.
Ce que dit la fiche
La version en vigueur est la A35-2, applicable depuis le 1er octobre 2020 et listée par le ministère au 4 novembre 2026, avec une attestation mise à jour au 1er juillet 2026. Le texte ne prévoit pas de date de fin, et sa durée de vie conventionnelle est de 20 ans.
| Point | Exigence |
|---|---|
| Étude | Dimensionnement obligatoire, de nature différente selon la surface de capteurs |
| Couverture solaire | Taux T supérieur à 50 % |
| Efficacité | Seuils de 36 à 64 % avec un appoint à effet Joule, de 95 à 120 % avec un autre appoint, selon le profil de soutirage |
| Installateur | Qualification Qualibat, Qualit’ENR ou équivalente pour le solaire thermique collectif |
| Matériel | Certification QB couvrant explicitement les départements d’outre-mer, ou équivalence |
Une fiche solaire de métropole citée sur un devis pour un immeuble ultramarin doit vous alerter : le code attendu ici est BAR-TH-135.
Pourquoi l’étude de dimensionnement commande-t-elle tout ?
La surface de capteurs, les besoins annuels à couvrir, l’efficacité et le taux de couverture sont tous déterminés à partir de cette étude. Sans elle, l’opération n’a pas de base.
| Surface hors-tout de capteurs | Étude exigée |
|---|---|
| 25 m² ou moins | Étude SOLO, SCHEFF, POLYSUN ou équivalente, par le professionnel ou un bureau d’études indépendant |
| Plus de 25 m² | Dimensionnement par un bureau d’études indépendant « Reconnu Garant pour l’Environnement » pour les installations solaires thermiques |
Le passage au-dessus de 25 m² a donc une portée pratique : l’installateur ne peut plus réaliser lui-même l’étude. L’étude et, le cas échéant, la décision de qualification du prestataire font partie des pièces exigées par la fiche. Le syndic a tout intérêt à l’obtenir avant de présenter un projet au vote.
Le taux de couverture solaire T mérite une lecture attentive. La fiche le définit elle-même, nonobstant toute définition différente des logiciels : c’est le rapport entre l’énergie solaire utile, à la sortie du ballon de stockage pour un CESC ou fournie aux ballons d’appoint pour un CESCI, et les besoins d’eau chaude sanitaire de soutirage. Un taux affiché par un logiciel avec une autre définition doit donc être recalculé.
Comment se calcule le volume de certificats ?
La fiche ne raisonne pas au mètre carré de capteur comme la fiche individuelle. Le calcul part de B, le besoin annuel d’eau chaude sanitaire à produire par le solaire, issu de l’étude et exprimé en kWh par an, et de T.
| Bâtiment | Appoint individualisé | Appoint centralisé |
|---|---|---|
| Existant, tous territoires | 0,148 × B × T | 0,086 × B × T |
| Neuf ou partie nouvelle, Guyane | 0,148 × B × (T – 44) | 0,086 × B × (T – 44) |
| Neuf ou partie nouvelle, autres territoires | 0,148 × B × (T – 50) | 0,086 × B × (T – 50) |
Trois enseignements en découlent. Un T supérieur ou égal à 90 % est pris égal à 90 %. En neuf, seule la part de couverture au-delà du terme retranché entre dans le calcul, ce qui réduit fortement le volume par rapport à l’existant. Enfin, le coefficient de l’appoint individualisé dépasse celui de l’appoint centralisé.
Ce dernier point ne suffit pas à choisir l’architecture. Le choix dépend aussi de l’état de l’immeuble, de la place disponible pour les ballons et de l’organisation de l’entretien. Ces volumes de certificats ne se convertissent pas directement en euros : le montant dépend des conditions de valorisation, à faire confirmer par écrit avant l’engagement.
BAR-TH-124 ou BAR-TH-135 dans un immeuble ?
Les deux fiches peuvent concerner un immeuble, et elles ne visent pas le même équipement.
- BAR-TH-124 couvre des chauffe-eau solaires individuels, y compris en appartement, tant que le total de capteurs sur le bâtiment reste à 40 m² ou moins.
- BAR-TH-135 couvre un chauffe-eau solaire collectif, sans plafond de surface dans le texte.
Le dépassement de 40 m² ferme la fiche individuelle pour les appartements, mais il n’ouvre pas automatiquement la fiche collective : l’installation doit réellement être un CESC ou un CESCI et remplir toutes les conditions ci-dessus. La page chauffe-eau solaire présente les deux cas.
Comment se décide le projet en copropriété ?
Le toit relevant en général des parties communes, le projet passe par l’assemblée générale. L’article 24 de la loi du 10 juillet 1965, dans sa version en vigueur depuis le 18 juin 2025, range parmi les décisions prises à la majorité des voix exprimées « la décision d’installer des ouvrages nécessaires à la production d’énergie solaire photovoltaïque et thermique sur les toits, les façades et les garde-corps ».
Cette majorité compte les voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. L’article 25 vise de son côté les travaux d’économies d’énergie à la majorité de tous les copropriétaires. Certaines fiches pratiques anciennes ne reflètent pas la dernière rédaction : faites valider la résolution par le syndic ou votre conseil au regard du projet exact, surtout s’il comporte d’autres travaux dans le même vote.
Pour préparer l’assemblée, le dossier peut réunir :
- L’étude de dimensionnement, avec le besoin annuel B et le taux T.
- Le schéma retenu, CESC ou CESCI, et ses conséquences pour chaque logement.
- Les justificatifs de certification du matériel et la qualification de l’installateur.
- La tenue au vent et le passage des réseaux dans l’immeuble, à contrôler sur place.
- L’organisation de l’entretien et la répartition des charges, à inscrire clairement dans la résolution.
Le dernier point n’est pas traité par la fiche. Il doit pourtant être tranché avant le vote, car il conditionne l’accord des copropriétaires. Le guide travaux d’efficacité énergétique et risque cyclonique aide à préparer le calendrier des travaux en toiture.
Quel enchaînement respecter ?
L’attestation donne la date d’acceptation du devis comme exemple de date d’engagement. En copropriété, l’ordre logique est donc : étude, proposition CEE écrite, vote, acceptation du devis par le syndic, travaux, preuves. Un devis accepté avant que la contribution soit formalisée met le dossier en risque, comme le rappelle le guide monter un dossier CEE sans le rater.
Quand le bénéficiaire est un syndicat de copropriétaires, le ministère indique qu’un document complémentaire, le « Cadre Contribution », doit lui être remis : il précise le montant de la contribution, sous réserve de la conformité des travaux à la fiche.
La preuve de réalisation mentionne la mise en place du CESC ou du CESCI, la superficie hors-tout totale de capteurs posés et l’efficacité énergétique. À défaut, elle indique la marque, la référence et la superficie, complétées par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité. La fiche demande aussi la certification QB ou les pièces d’équivalence, et la décision de qualification de l’installateur.
Pour un projet précis, consultez la page de votre territoire, comme La Réunion ou la Martinique, puis vérifiez l’éligibilité de l’immeuble.
Sources
- Fiche BAR-TH-135, version A35-2, ministère chargé de l’énergie
- Attestation BAR-TH-135, partie A applicable au 1er juillet 2026
- Article 24 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, Légifrance
- Article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, Légifrance
- Dispositif des certificats d’économies d’énergie, ministère
Questions fréquentes
Un taux de couverture de 50 % suffit-il ?
Non. La fiche exige un taux supérieur à 50 %, selon sa propre définition de T. Le taux retenu est celui de l’étude de dimensionnement, et il doit figurer sur l’attestation.
L’installateur peut-il réaliser l’étude ?
Oui jusqu’à 25 m² de capteurs, avec un outil de type SOLO, SCHEFF, POLYSUN ou équivalent. Au-delà, l’étude revient à un bureau d’études indépendant disposant de la qualification « Reconnu Garant pour l’Environnement » correspondante.
Quelle majorité s’applique au vote en copropriété ?
L’article 24 de la loi de 1965 vise l’installation d’ouvrages de production d’énergie solaire thermique sur les toits, façades et garde-corps, à la majorité des voix exprimées. Le syndic doit vérifier la résolution au regard de l’ensemble des travaux prévus.
La fiche s’applique-t-elle à un immeuble neuf ?
Oui, mais le calcul retire 44 points de T en Guyane et 50 ailleurs, ce qui réduit nettement le volume de certificats. Le projet ne doit donc pas reposer sur le barème de l’existant.