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Eau chaude solaire · 6 min

Chauffe-eau solaire individuel outre-mer : ce qu’exige la fiche BAR-TH-124

BAR-TH-124 encadre le chauffe-eau solaire individuel outre-mer : logements visés, certification, efficacité, qualification de l’installateur et pièges.

Publié le 04/11/2026 · Vérifié le 04/11/2026 · Rédaction DOM ISO

La fiche BAR-TH-124 couvre l’installation d’un chauffe-eau solaire individuel neuf en outre-mer, en maison ou en appartement sous un plafond de 40 m² de capteurs. Elle exige un matériel certifié pour les départements d’outre-mer, une efficacité minimale et un professionnel qualifié, pour les opérations engagées avant le 1er janvier 2031.

À quels logements s’applique la fiche ?

L’intitulé officiel est « Chauffe-eau solaire individuel (France d’outre-mer) ». La fiche vaut donc en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte. Elle couvre un champ plus large que la fiche climatiseur :

  • Maisons individuelles, neuves ou existantes.
  • Appartements, dans des bâtiments résidentiels neufs ou existants, si la superficie hors-tout totale de capteurs mise en œuvre pour l’ensemble des logements ne dépasse pas 40 m².
  • Parties nouvelles de logements existants, considérées comme des logements neufs.

La distinction entre neuf et existant a une conséquence directe sur le volume de certificats. L’attestation sur l’honneur définit l’existant comme un logement existant depuis plus de deux ans à la date d’engagement de l’opération.

Le texte n’exige pas que le chauffe-eau solaire remplace un cumulus électrique. La fiche décrit une mise en place et ne pose aucune règle sur l’appareil existant : remplacement et nouvelle installation entrent tous deux dans sa dénomination.

Côté financement, les certificats d’économies d’énergie (CEE) sont un dispositif privé : les fournisseurs d’énergie, appelés obligés, financent ces opérations pour remplir leur obligation d’économies. Ce n’est pas une aide publique. Le guide sur les CEE en outre-mer explique ce mécanisme.

Ce que dit la fiche

La version en vigueur est la A78-4, applicable depuis le 1er janvier 2026, et le ministère la listait toujours ainsi au 4 novembre 2026. Sa durée de vie conventionnelle est de 20 ans.

PointExigence
MatérielChauffe-eau solaire individuel neuf
PosePar un professionnel titulaire du signe de qualité prévu par le décret du 16 juillet 2014, dit RGE
EfficacitéSeuils minimaux selon l’appoint et le profil de soutirage
CertificationQB couvrant explicitement les départements d’outre-mer, ou équivalence
Vente par abonnementContrat de 10 ans au moins, avec maintien en bon état de fonctionnement par le professionnel
CumulNon cumulable avec les fiches BAR-TH-171 et BAR-TH-172 (pompes à chaleur)

Le seuil d’efficacité énergétique pour le chauffage de l’eau dépend de deux paramètres : l’énergie de l’appoint et le profil de soutirage, qui traduit le volume d’eau chaude tiré.

Énergie de l’appointMLXLXXL
Électrique à effet Joule36 %37 %38 %60 %
Autre95 %100 %110 %120 %

Le volume de certificats se calcule par mètre carré de capteur posé, en kWh cumac, l’unité du dispositif, et selon le territoire :

TerritoireLogement existantLogement neuf
Guadeloupe, Martinique, Mayotte5 3002 600
La Réunion4 3002 100
Guyane5 4003 000

Ces valeurs de barème sont des volumes de certificats et non des euros. Elles ne donnent pas à elles seules le montant d’une prime, qui dépend aussi des conditions de valorisation. Le baromètre DOM ISO présente de son côté l’équipement en chauffe-eau solaire par département.

Pourquoi la certification pèse-t-elle autant ?

C’est le point le plus exigeant de la fiche, et celui qui reflète le mieux le contexte ultramarin : cyclones, séismes, atmosphère saline. Un chauffe-eau solaire reconnu en métropole ne suffit pas automatiquement.

Deux voies existent. La première est une certification QB dont le domaine d’emploi de l’avis technique couvre explicitement les départements d’outre-mer. Lisez ce domaine d’emploi : le logo seul ne prouve rien.

La seconde est une équivalence, établie par un organisme de l’Espace économique européen accrédité. Elle demande une certification Solar Keymark, « Capteur » pour les appareils à circulation forcée et « Système » pour les thermosiphons et auto-stockeurs, ou équivalent, plus ces justificatifs :

  • Tenue à l’arrachement. Un vitrage de capteur tenant au moins 3 000 Pa selon la norme d’essai ISO 9806, mesuré par un laboratoire accrédité.
  • Fixations. Une note de calcul selon les Eurocodes, par un bureau d’études indépendant, validant la tenue aux charges mécaniques, climatiques et sismiques de la zone d’installation.
  • Corrosion. Un rapport d’un organisme tiers certifié ISO 9001, validant la tenue aux atmosphères définies par la norme NF P 24-351 : au moins E17 pour le châssis, la visserie et les fixations, au moins E16 pour le capteur et le ballon.
  • Compatibilité des matériaux. Une étude du couple électrochimique créé par leur assemblage, face aux environnements propres à l’outre-mer.

La portée de la certification change selon la technologie : l’ensemble du système pour les auto-stockeurs et les thermosiphons, les capteurs seulement pour les appareils à circulation forcée. Avec un appareil à circulation forcée, le reste de l’installation sort donc du périmètre de cette certification, ce qui justifie de regarder de près le ballon et les fixations.

Le guide travaux d’efficacité énergétique et risque cyclonique complète utilement ce point pour la pose en toiture.

Quels points vérifier avant de signer ?

La liste ci-dessous reprend les erreurs que le texte permet d’anticiper :

  1. La bonne fiche. Une fiche solaire de métropole citée sur un devis ultramarin ne convient pas. Le code attendu est BAR-TH-124.
  2. Le statut du logement. Neuf ou existant change le barème. Une extension compte comme neuf.
  3. Le total de capteurs en immeuble. En appartement, le plafond de 40 m² s’apprécie sur l’ensemble des logements du bâtiment, et non logement par logement.
  4. La qualification. Elle doit couvrir les travaux visés par le décret. L’attestation demande l’identité du professionnel titulaire s’il n’est pas le signataire, par exemple en cas de sous-traitance.
  5. Le profil de soutirage. Le seuil d’efficacité à respecter en dépend : comparez ce profil à la valeur annoncée sur la documentation de l’appareil.
  6. Une pompe à chaleur prévue dans le même projet. La fiche exclut le cumul avec les opérations BAR-TH-171 et BAR-TH-172.
  7. Le moment de l’engagement. L’attestation donne la date d’acceptation du devis comme exemple de date d’engagement. Le dossier doit être cadré avant, comme l’explique le guide monter un dossier CEE sans le rater.

Quelles pièces conserver ?

La preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un chauffe-eau solaire individuel neuf, la superficie hors-tout totale des capteurs posés et l’efficacité énergétique du chauffe-eau. À défaut, elle cite la marque, la référence et la superficie, et elle est complétée par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité. Pour une vente par abonnement, la preuve est le contrat daté et signé par les parties.

La fiche demande aussi deux documents spécifiques : la certification QB ou les pièces d’équivalence, et la décision de qualification ou de certification du professionnel. Réclamez-les dès le devis. Une attestation générale de l’entreprise ne remplace pas la preuve pour le modèle posé.

Vente ou abonnement : que change le contrat ?

La vente par abonnement consiste à acheter un service d’eau chaude assuré par un chauffe-eau neuf, installé en début de contrat, avec cession de l’appareil au terme. La fiche impose dix ans minimum et une clause de maintien en bon état pendant toute la durée.

Avant de signer, regardez ce qui se passe en cas de déménagement, de vente du logement ou de résiliation anticipée, car la fiche ne fixe pas ces modalités. Elles relèvent du contrat lui-même.

Pour situer votre projet, consultez la page chauffe-eau solaire et ses déclinaisons pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte, ou passez par la vérification d’éligibilité.

Sources

Questions fréquentes

La fiche s’applique-t-elle à une maison neuve ?

Oui, les maisons individuelles neuves entrent dans le champ de la fiche, avec un barème distinct de celui des logements existants. Une partie nouvelle d’un logement existant est traitée comme du neuf.

Un thermosiphon est-il accepté ?

Oui, la fiche cite les appareils thermosiphon et auto-stockeurs. Pour eux, la certification doit porter sur la globalité du système, et l’équivalence repose sur un Solar Keymark « Système » ou équivalent, avec les justificatifs exigés.

Mon immeuble dépasse 40 m² de capteurs : que faire ?

La fiche individuelle n’est alors plus applicable aux appartements. Une installation collective peut relever de BAR-TH-135, sous ses propres conditions, notamment une étude de dimensionnement. Le projet doit être requalifié avant tout devis.

Puis-je cumuler BAR-TH-124 avec une pompe à chaleur ?

Pas avec les opérations BAR-TH-171 et BAR-TH-172, que la fiche exclut expressément. Pour toute autre combinaison, le cumul se vérifie fiche par fiche avant l’engagement du dossier.