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Chiffres et études · 6 min

Mix électrique outre-mer : la comparaison des cinq territoires, chiffres datés et limites

De 8,1 % à 92,4 % de renouvelables : le mix électrique de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte comparé, avec dates et sources.

Publié le 05/11/2026 · Vérifié le 05/11/2026 · Rédaction DOM ISO

En 2024, la part renouvelable de la production d’électricité atteint 92,4 % à La Réunion, 44,4 % en Guyane, 29,5 % en Guadeloupe et 24,0 % en Martinique. Mayotte affiche 8,1 %, mais pour 2023. Ces pourcentages ne disent ni si la ressource est locale ni si l’année est représentative.

Quelle part de renouvelables dans chaque territoire ?

Le tableau rassemble les derniers chiffres annuels trouvés. L’Observatoire Énergie Réunion publie le même comparatif pour les quatre premiers territoires. Les chiffres de Guadeloupe, Martinique et Guyane viennent des données ouvertes d’EDF, et ceux de Mayotte de l’IEDOM, à partir des données d’Électricité de Mayotte.

TerritoireAnnéeProductionPart renouvelableAnnée précédente
La Réunion20243 067,3 GWh92,4 %56,6 %
Guyane2024981,3 GWh44,4 %65,5 %
Guadeloupe20241 691,6 GWh29,5 %35,3 %
Martinique20241 548,2 GWh24,0 %25,7 %
Mayotte2023426,7 GWh8,1 %6,7 %

La Réunion et Mayotte progressent sur leur dernière année connue. Les trois autres territoires reculent, pour des raisons différentes : indisponibilités et mouvement social en Guadeloupe, moindre production hydraulique en Guyane, travaux sur le réseau raccordant le parc éolien en Martinique.

De quoi est fait chaque mix ?

Les parts ci-dessous sont calculées à partir des mêmes sources. Le classement des filières diffère un peu selon les territoires, et l’année de Mayotte n’est pas la même.

FilièreGuadeloupe 2024Martinique 2024Guyane 2024La Réunion 2024Mayotte 2023
Fossile70,5 %75,2 %55,6 %7,6 %91,9 %
Bioénergies, importées ou locales11,9 %16,5 %8,1 %67,5 %1,0 %
Hydraulique0,9 %n.d.29,4 %13,7 %n.d.
Photovoltaïque6,6 %6,8 %6,9 %10,1 %7,1 %
Éolien4,5 %1,5 %n.d.1,2 %n.d.
Géothermie5,6 %n.d.n.d.n.d.n.d.

La mention n.d. indique qu’aucune production n’est publiée pour la filière dans la source utilisée. À Mayotte, la ligne bioénergies regroupe biogaz et batteries, comme dans la source. Pour La Réunion, elle additionne biodiesel, pellets, bagasse, biogaz et bioéthanol, et la ligne fossile reprend les 7,6 % de non-renouvelable affichés par l’observatoire. Pour la Martinique, EDF publie 24,0 % de renouvelable alors que les lignes concernées totalisent 24,8 %.

Le photovoltaïque est la seule filière présente à un niveau proche partout, entre 6,6 % et 10,1 %. Tout le reste tient à ce que chaque territoire possède ou choisit d’importer : le barrage de Petit-Saut en Guyane, la géothermie de Bouillante en Guadeloupe, la conversion des centrales à la biomasse importée à La Réunion.

Pourquoi 92,4 % ne veut-il pas dire autonomie ?

À La Réunion, l’observatoire distingue 61,2 % de production renouvelable importée et 31,2 % de renouvelable locale. Biodiesel et pellets représentent à eux seuls 61,1 % de la production. Le passage à 92,4 % en un an vient de la conversion des centrales au charbon et au fioul, et non d’une hausse équivalente de la ressource locale.

La CRE rappelle que les bioénergies sont largement décarbonées, mais avec des coûts variables élevés. Elle juge les filières photovoltaïque et éolienne prioritaires, et relève que leurs trajectoires restent en deçà des objectifs. Le même raisonnement vaut pour Mayotte, où l’Autorité environnementale relève que la PPE compte sur des biocombustibles importés pour atteindre 100 % de renouvelables en 2030.

Une année suffit-elle à juger un territoire ?

Non, et la Guyane le montre clairement. Sa part renouvelable atteint 72,0 % en 2022, puis 44,4 % en 2024, parce que l’hydraulique passe de 591,4 à 288,7 GWh. Le détail est dans notre article sur la Guyane.

La Guadeloupe, elle, perd près de six points en un an alors que sa production totale augmente, avec une année 2024 marquée par un mouvement social et une moindre disponibilité de la géothermie et de la biomasse. En Martinique, l’IEDOM annonce 27,3 % pour 2025, sans que ce chiffre soit directement comparable aux 24,0 % d’EDF.

Où en est-on par rapport aux objectifs ?

TerritoireObjectif citéSource
Guadeloupe100 % de renouvelables en 2028OREC, d’après la PPE
Martinique56 % en 2023Résumé de la PPE
Guyane du littoral100 % une fois le Larivot en service et les groupes de l’Ouest remplacésBilan prévisionnel 2024 d’EDF
Mayotte100 % en 2030Autorité environnementale, avis sur la PPE

La Martinique a produit 25,7 % de renouvelables en 2023 d’après EDF, contre 56 % fixés pour cette année. La Réunion n’est pas reprise faute d’objectif chiffré relu pour cet article. Ces textes sont susceptibles de révision.

Que peut en tirer un propriétaire ou une entreprise ?

Le mix moyen ne dit pas quelle centrale s’efface quand on économise un kilowattheure. EDF le précise pour ses coûts horaires : une moyenne toutes filières diffère du coût marginal du système. Comparer les territoires sur ce seul pourcentage ne permet donc pas de conclure qu’une économie d’énergie y vaut plus ou moins.

Le mix ne change pas non plus les règles des CEE. Les fiches sont communes aux cinq territoires, à quelques seuils près : BAR-EN-106 et BAT-EN-106 pour l’isolation de toiture, abrogées à compter du 1er mai 2027, BAR-EN-109 pour la réduction des apports solaires, BAR-TH-141 pour le remplacement d’un climatiseur en appartement. Les CEE restent un dispositif privé financé par les fournisseurs d’énergie, les obligés. Ils ne sont pas une aide publique. Le mécanisme qui finance le surcoût de production est, lui, la péréquation tarifaire.

Pour un projet précis, reportez-vous à la liste des fiches par secteur, au guide des CEE en outre-mer et à la vérification d’éligibilité. Le baromètre DOM ISO rassemble les données de logement par territoire.

Sources

Questions fréquentes

Pourquoi Mayotte n’a-t-elle pas de chiffre 2024 ?

Le dernier bilan par filière trouvé dans une source officielle porte sur 2023. L’Autorité environnementale relève elle-même qu’il est difficile d’obtenir des chiffres, l’observatoire mahorais de l’énergie n’étant pas installé.

Pourquoi ne pas comparer aussi 2025 ?

Les données annuelles d’EDF consultées le 5 novembre 2026 s’arrêtent à 2024. Le chiffre de 2025 trouvé pour la Martinique provient d’une autre source, et il n’existe pas d’équivalent homogène pour les cinq territoires.

Le bois et le biodiesel sont-ils des énergies locales à La Réunion ?

Pas pour l’essentiel. L’observatoire classe biodiesel et pellets parmi les renouvelables importées, et la bagasse parmi les ressources locales. C’est ce qui sépare les 92,4 % de renouvelable des 31,2 % de renouvelable local.

Faut-il en déduire qu’un territoire pollue moins ?

Ce tableau ne mesure pas les émissions. Il indique seulement l’origine de l’énergie produite. Une comparaison des émissions demanderait les bilans de chaque observatoire, et tous ne publient pas les mêmes années.